Philippe Haman nous jase de l’évolution de la culture cocktail à Montréal

À seulement quelques semaines de l’ouverture de l’École du bar MADE WITH LOVE, nous avons posé quelques questions à Philippe Haman, fondateur et directeur général des Distilleries, à Montréal, pour récolter ses impressions sur la culture cocktail de la métropole.

Comment as-tu mis les pieds dans le monde du bar?

J’ai commencé à 18 ans. J’avais un copain à l’école dont les parents étaient propriétaires d’un bar. C’était mon premier emploi d’étudiant!

Pourquoi avoir choisi Montréal pour ouvrir les Distilleries?

La raison principale, évidemment, c’est que c’est une métropole, il y a une population, un marché. La deuxième raison, c’est que j’ai toujours pensé que c’était mieux d’installer un bar où la plupart des gens ne viennent pas en voiture! Surtout que dans le temps, en 2005, les gens consommaient plus d’alcool.

Qu’est-ce qui a principalement changé dans le milieu depuis que tu y as fait tes débuts?

La compréhension de la clientèle, le niveau de connaissances. De 2005 à 2010 environ, les gens nous voyaient travailler derrière le bar et c’était comme voir un astronaute travailler. Voir quelque chose de flambé, des aliments frais, des trucs et techniques plus poussées pour l’époque… Maintenant, les clients me disent comment ils aiment leur Old fashioned!

Qu’est-ce qui rend la culture cocktail de Montréal si unique?

Sans tomber dans le stéréotype, je pense que la culture cocktail québécoise, pour moi, est plus « à la bonne franquette ». À la lumière de mes visites dans d’autres villes, on retrouve toujours ici un peu de « chaleureux ». Ça se traduit par la façon dont on échange entre nous [dans le milieu] et avec les clients. L’approche est plus conviviale.

Qu’est-ce que ça peut apporter à la scène cocktail de Montréal, une école de bar?

Sur le terrain, il y a une nécessité d’avoir un cours de base pour que les employés commencent avec des outils, qu’ils aient une bonne perspective de ce qu’ils vont vivre. Parfois, ils arrivent dans un bar mais ils n’ont pas réellement réfléchi à ce que ça veut dire, travailler dans un bar. Donc les cours peuvent aider les employés à préparer ce changement personnel au niveau de l’énergie, de la cohésion dans l’équipe. Partir sur les bonnes bases, ça permet d’être ouvert à cette culture-là, qu’on voit et qu’on vit.